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Charles Cros
est né en 1842 à Fabrezan dans l'Aude. De 1850 à
1859, il accomplit ses études : langues anciennes, modernes,
mathématiques, musique. En 1860, il entreprend des études
de médecine qu'il abandonnera en 1863. En 1867, à
l'Exposition universelle, Charles Cros présente un télégraphe
automatique. Le 2 décembre de la même année,
il dépose à l'Académie des sciences un pli
cacheté sur la reproduction des couleurs, des formes et des
mouvements.
"Bachelier à 14 ans, étudiant
le sanscrit à 16, scientifique de haut niveau, ami des plus
grands poètes de son époque, toutes tendances confondues,
Charles Cros fut trop libre d'esprit pour faire partie des poètes
officiels et pas assez amer pour qu'on l'associe aux "poètes
maudits" après sa mort. Pas assez "moderne" pour attirer
l'attention des exégètes de l'avant-garde, pas assez
classique pour obtenir les suffrages des tenants de la tradition,
pas assez riche ni conventionnel pour que la bourgeoisie l'adopte
comme poète emblématique, pas assez pauvre, pas assez
bruyamment révolté pour être le chef de file
de ceux pour qui le poète doit nécessairement attaquer
tous les ordres établis, Cros est un poète trop difficilement
classable pour qu'il puisse prétendre à la postérité
pour autre chose que sa seule poésie.
Heureusement, elle est là, qui ne vieillit pas,
évoquant, sans trop de ressentiments, les difficultés
du poète à survivre dans un monde où "le bonheur
est 1 suivi de six zéros", parce que, sans autre ambition
qu'être lui-même et reconnu comme tel, il est avant
tout cet amant de la beauté, qui vaut bien après tout
autant "que les princes les évêques et les receveurs
généraux" et mérite donc, au moins aussi bien
qu'eux "sa part d'eau, de soleil, de pastèques". |
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